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Personne ayant une expérience vécue du cancer

Ngone, Sénégal

Mon histoire – De l’épreuve à la renaissance

Tout a commencé par des signes que je ne comprenais pas encore.
Des saignements abondants, une perte de poids rapide, un corps qui s’affaiblissait sans explication. J’ai décidé d’écouter ce que mon corps essayait de me dire. Je suis allée consulter un gynécologue, qui m’a demandé de faire une biopsie à l’hôpital Roi Baudouin de Dakar. À ce moment-là, je pensais juste vouloir être rassurée. Je ne savais pas que ma vie allait basculer.

Le jour du diagnostic, le monde s’est arrêté.
Le médecin parlait, mais j’entendais à peine. Les mots étaient lourds. Le cancer du col de l’utérus. J’ai senti la peur m’envahir. J’ai pensé à ma famille, à l’avenir, à tout ce que je risquais de perdre. Ce jour-là, j’ai pleuré. Mais au fond de moi, quelque chose refusait d’abandonner.

Puis le combat a commencé.
La chimiothérapie. Les séances longues, éprouvantes. Les vomissements, la fatigue qui te vide de toute énergie, le corps qui ne t’obéit plus. Certains jours, je n’avais même plus la force de me lever. Ensuite, la radiothérapie, avec son lot de douleurs silencieuses, cette impression d’être forte à l’extérieur alors que tout brûle à l’intérieur. Il y avait des nuits sans sommeil, des matins où je me demandais si j’allais tenir encore un jour de plus.

Mais je n’étais pas seule.
Ma famille a été mon pilier. Quand je n’avais plus de force, ils en avaient pour moi. Quand je pleurais, ils essuyaient mes larmes. Leur présence, leurs prières, leurs mots simples mais sincères m’ont portée. Ils m’ont rappelé que je n’étais pas qu’une malade, j’étais une femme, une fille, une battante.

Il y a eu des moments où j’ai cru perdre espoir.
Mais chaque séance terminée était une victoire. Chaque jour passé était une preuve que je résistais. J’ai appris à célébrer les petites choses : un sourire, un repas gardé, une nuit calme. J’ai compris que le courage, ce n’est pas l’absence de peur, mais le fait d’avancer malgré elle.

Aujourd’hui, je suis survivante du cancer du col de l’utérus.
Cette maladie m’a changée à jamais. Elle m’a appris que le dépistage précoce sauve des vies, que le silence peut tuer, et que parler peut guérir. Si je témoigne aujourd’hui, ce n’est pas pour raviver la douleur, mais pour donner de l’espoir.

À toutes les femmes, je veux dire ceci :
Écoutez votre corps. Faites-vous dépister. Parlez. N’ayez pas honte.
Le cancer n’est pas une condamnation. Il peut être un combat, puis une renaissance. Et si mon histoire peut aider une seule femme à se sauver, alors tout ce que j’ai traversé n’aura pas été vain.

NGONE GAYE CANCER SURVIVOR

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